Petite adolescente avec la joie de vivre, l'envie de se battre, mais un passé dejà trop chargé. Une séparation, l'éloignement avec tout le monde, amis, famille, seule dans un monde qui ne lui fait pas de cadeaux. Un placement dans un foyer, des jeunes filles en difficultés, triste réalité de la vie... Puis je me suis dit que je ne serais jamais comme ces filles, tristes, méfiantes, agressives, je serais transparente de tous. Durant toute une année j'ai réussie à me faire oublier, des éducateurs, du foyer, de ces filles. Mais un jour, tout fût trop lourd à porté, tout était trop dur a accepté, je me suis retrouvée immergée dans mon passé. Je ne voulais l'aide de personne, car j'étais forte et je pensais que j'allais pouvoir le redevenir très vite. Il suffisait de mettre le passé derrière moi et l'oublier, une fois pour toute tout oublier... Mais la tête ne pouvait plus, puis le corps ne suivait plus, triste, fatiguée, à bout. Puis j'ai rencontrée une petite puce extraordinaire, une petite soeur de coeur, on souffrait en silence, on se comprenait, il fallait juste un regard, juste un soupir, et c'était fait. Mais cette amitié n'était pas au goût de tout le monde, on s'en foutait, on passait toujours plus de temps ensembles. La rentrée est arrivée, mais là, nouveau problème...je ne peux plus sortir, je ne peux plus voir personne, je deviens agoraphobe. C'était le temps où j'étais chez le médecin deux fois par semaine pour de nombreux problèmes: agoraphobie, trouble du sommeil, et début de troubles du comportement alimentaire...
Je fais malgré tout deux jours de cours, mais dans quelles conditions... Puis je parle avec une éducatrice extraordinaire, qui ne m'avait jamais jugée, qui n'essayais pas de me forcer à parler, mais elle comprenait tout...
On était daccord sur un fait, la situation ne pouvait plus durer, elle ne devait plus durer... mais je refusais toute hospitalisation donc la situation stagnait. Mais le mal être grandissait, les tentatives de suicide s'enchainaient, et la dernière a failli m'être fatale. Ma petite soeur n'arrivait plus à me raisonner, plus rien ne m'apaisait, mes jours étaient guidés avec une seule idée: mourir pour arrêter de souffrir.
Après deux heures de discussion avec mon éducatrice, Valérie, la décision était prise, je serais hospitalisée en hôpital psychiatrique dès que possible. Le médecin fût étonnée que j'avais changée si vite d'avis, moi qui ne voulait pas passer pour une folle, qui ne voulait pas être aidée pour ne pas paraître lâche. Je m'en souviendrais toujours, c'était un mardi après-midi, il appela l'hôpital et ils me mirent sur liste d'attente. Seulement je les avais prévenus, je ne voulais pas attendre six mois, si sa ne se faisait pas dans le mois qui venait, je n'irais plus là-bas. Les filles du foyer n'en savait rien, et elle ne savait plus quoi faire pour essayer de me changer les idées. Le jeudi, jour de réunion au foyer, j'apprends que je serais hospitalisée le lendemain, le choc, pourquoi si vite? Est-ce vraiment nécessaire cette hospitalisation? Je ne sais pas, je ne sais plus, de toute façon c'est décidé donc je ne peux plus rien y changer. Le soir j'annonce celà aux filles, décues, en colère contre les éducateurs car elles savaient très bien que depuis longtemps ils voulaient me faire hospitaliser. Le lendemain, c'était Sylvain, un éducateur qui devait m'y amener, mais il me dit qu'il vont appeler une ambulance pour m'y amener. Là je fonds en larme, tout sauf sa, c'était dejà si dur comme sa. Il me dit que c'est bon il viendra un peu plus tôt et m'y conduira, c'est juste qu'il pensait pas que sa soit important pour moi que ce soit un éducateur qui m'y accompagne. La soirée était interminable, soirée des au revoirs, et je ne savais pas pour combien de temps, c'était peut-être sa le plus inquiétant.
La route me paraissait interminable jusque là-bas, mais plus on approchait, et plus je regrettais cette décision. Arrivée là-bas, on va aux admissions, puis au pavillon où j'étais admise. A l'entrée une vieille dame qui n'avait plus toute sa tête vint me parler, je pars tellement j'ai peur d'elle. Puis je vois Alexandre, un ami du FJT ( Foyer de Jeunes Travailleurs) qui était hopitalisée aussi. Je me suis mise à pleurer, je voulais repartir immédiatement. On pose mes affaires dans la chambre, puis on va tout de suite au rendez-vous chez le médecin. On parle un peu, puis il me dit qu'il faut que j'aille chez la psychiatrique car j'ai un premier entretien, mais Sylvain doit partir. Ce fût un grand déchirement, c'est là que j'ai compris que j'allais devoir faire face seule.
Seule avec moi-même, seule face à la réalité si dur a accepter...