Un nouveau lycée, une rentrée après tout le monde en seconde, mais il y a toi, Jessica, qui devient très vite ma sister name. On passe de superbes journées de cours, surtout la science physique n'est-ce-pas? Les cours d'anglais où on comprend rien, toutes les heures que l'on passe à parler. Tout commence par des bons fous rires inoubliables, des cribouillis dans mes cahiers de physique, je sais c'est pas du sérieux tout sa, mais quand on voit la tête du prof on comprend mieux! Mais assez rapidement les discussions sérieuses arrivent, nos douleurs on se les partage, nos vécus différents qui nous ramènent pourtant à des souffrances similaires. Tu me parles du foyer, moi je me dis que j'ai bien de la chance que m'a soeur m'ai prise chez elle. Durant toute cette année, on aura été très proche.Mais c'est décidé tu changes de lycée, le général c'est pas fait pour toi, alors je me dis que je t'ai perdue à tout jamais. Mais durant cet été bien des choses ont changées, plus rien ne va chez ma soeur, mais heureusement je suis à l'internat toute la semaine. Mais très vite la juge prend sa décision, je suis placée au foyer du chemin neuf de Gray. Tout sauf sa, il y a déjà assez eu de souffrance comme sa.Mais la je n'ai plus mon mot à dire, tout se décide à ma place. Et là on me présente mon éducatrice référente, Claudine, ralala qu'est-ce que j'ai pu la détester celle là.Puis elle me dit je vais te présenter les filles, mais là qui je vois, toi ma sister name !Ouf sauvée, il n'y a pas que des dingues là dedans. Tu entames les négociations pour qu'on aille au ciné, mais moi je me casse en fugue, sa commence bien dis-donc. Ma pauvre puce espérait que je revienne à la fin du ciné pour rentrer avec elle, mais non je ne remettrais pas les pieds là-bas, je ne veux pas, je n'y arrive pas. Le lendemain je retourne en cours tout à fait normalement, en essayant de mettre de côté ce foyer. Puis je continue mon chemin comme si cette décision n'avait jamais été prise. Quelque jours plus tard, les choses se durcissent, fini les fugues, fini les conneries, ou je serais placée dans un foyer beaucoup plus loin pour que je n'ai plus le choix d'y rester. Je rentre au foyer un soir, un samedi soir, le coeur n'y était pas, ce fut un réel déchirement, encore un. Mais bon juste une nuit et le lendemain je resortais à la journée. Cette chambre vide, froide, silencieuse qui hantera mes nuits pendant longtemps. Heureusement que ce soir là c'était une veilleuse extraordinaire, ma Lulu. Les premiers temps j'évitais ce foyer, je passais un maximum de temps dehors. Mais ma sister name était toujours là, dans les hauts comme dans les bas. Puis je comprends enfin que je n'ai pas le choix, je dois accepter la situation telle qu'elle est. Durant tout ce temps ce sont les cours qui m'ont sauvé, je n'avais plus que sa pour me raccrocher. Petit à petit je me suis fait ma place au foyer, cette chambre si froide devenait enfin ma chambre. C'était mon refuge, mon chez moi.
Puis durant nos vacances en Italie, je retrouvais la joie de vivre. Ma petite sister name pousse des cris dans la douche et les mecs allemands trouvent ses bruits quelque peu suspects lol! Ma puce dort dehors sur le pallier du bungalow, la pauvre, mais bon sa va tu étais en bonne compagnie! Le retour fut tout aussi bien, et on allait bientôt reprendre les cours alors le temps passait assez vite. Avec toi la relation fut toujours particulière, pas besoin de mot pour se capter, juste un sourire ou un regard échangé et c'était bon on s'était comprises. Il y en a d'ailleurs que sa a bien fait chier, mais nous on s'en foutait, on les emmerdait. On menait notre petite vie, j'aimais toujours écouter tes petites gallipettes de tes week ou bien prendre des news sur tes week. On pouvait rigoler, mais on pouvait aussi passer des heures à discuter sérieusement. Toujours à l'écoute, toujours avec les mots qui rassurent, toujours l'épaule sur laquelle je me repose pour pleurer.
Mais un jour j'ai radicalement changée, je suis passée de la fille toujours joyeuse et toujours active à la fille silencieuse, triste, fatiguée par la vie. Mais encore là, tu ne m'as jamais jugée, tu as toujours fait preuve d'une patience inimaginable. Ma puce aménage sa chambre pour moi, pour éviter que j'aille à l'hosto à cause de mes malaises, elle me promenait sur ma chaise. J'avais une vraie petite infirmière à mon chevet. Mais là j'étais encore bien loin de me douter de ce qui allait s'enchainer. Les tentatives de suicide se sont multipliées, mes conneries aussi, mais tu es la seule qui vient me voir à l'hosto comme si rien ne s'était passé. Tu savais ce que j'avais traversée, et pourtant tu ne m'as jamais jugée ou demandée d'explications sur quoi que ce soit. Les hospitalisations se multiplient, et les éducs ne savent plus quoi faire.Je ne vais plus en cours, je n'en ai plus le courage, les autres me font peur, le monde extérieur m'a trop fait souffrir alors je ne veux plus l'affronter. Je perds le sommeil après avoir dormi des un mois complet comme une marmotte, je perds l'appétit, je perds le gout a tout. Pendant ce temps, seule toi était toujours là, seule toi comprenais que je n'avais plus la force de me battre, mais tu restais près de moi. Un départ au F.J.T qui j'espèrais allais me permettre de refaire surface, de repartir sur de nouvelles bases. Mais ce ne fut pas le cas, je me retrouvais à nouveau sans repères, seule toi était toujours là. Je pris très vite mes marques, je fais la connaissance de personnes exceptionnelles et inoubliables: Alain, Isa, lolotte, Toff, Aziz, et bien sur ma sister name, et les autres....
Le repos fut de courte durée, le mal revient toujours plus fort, toujours plus présent. On essaie de me persuader de me soigner, mais rien n'y fait car je ne me considère pas comme une malade. Pour moi je suis juste pas normale, alors je passe des soirées entières à parler avec vous tous, mais rien ne change. Je ne mange presque plus, je m'affaiblis, les nuits sont longues heureusement qu'il y a des veilleurs, et l'automutilation essaie de calmer mes envies de mourir. C'est grâce à vous si j'ai tenue, c'est grâce à vous que je suis toujours en vie. Vous m'avez accompagnée, réconfortée, soulagée de mes peines... Mais un jour je me suis rendue compte de la réalité, je ne vivais plus, il fallait que je me fasse aider. Cette décision fût difficile à prendre, mais qu'importe, je l'ai prise malgré tout. Mon départ pour Saint-Rémy est un déchirement, même si j'essaie de ne pas vous le montrer, car vous aussi vous souffrez, mais vous savez très bien que c'est la seule solution si je voulais m'en sortir.Je me rappellerais toujours que je vous ai annoncée sa le jeudi soir, et le lendemain matin je partais. Je ne savais pas quoi vous dire, j'avais peur de plonger dans l'inconnu, j'avais peur de la psychiatrie.
Le chemin fut long avec Sylvain (un de nos éducateurs), pas un mot échangé, sur le moment je crois que je n'arrivais toujours pas à réaliser ce qui m'attendait. Puis arrivée à l'entrée, le choc, ces personnes me font peur, ce milieu m'apparait comme hostile, je me demandais ce que je faisais là. Mais heureusement que notre petit Alex était là, il m'a accueilli, il m'a aidé à prendre mes marques. Et le week-end les miss sont de suite venus me voir, mais la seule qui me parlait c'était toi ma sister name. Avec du recul je me demande pourquoi certaines personnes venaient, elles se posaient, mataient la télé, mais elles s'en foutait royalement de ma gueule. Chaque fois que vous repartiez, c'était dur, très dur, c'était comme si on m'arrachait une partie de moi. Mais je pris les choses en main, je commençais à me sentir bien dans cet hôpital, j'étais dans une bulle coupée du monde extérieur. Mes premiers retours au F.J.T étaient difficiles, mais vous avez toujours été à mes côtés. Je m'en suis sortie, la maladie est éradiquée, et à présent je peux revenir à vos côtés.
Mais un jour, une décision, je rentre chez mes parents, l'absence a été trop longue, la séparation trop douloureuse. Il m'a fallu réapprendre à vivre, car je n'avais plus l'habitude d'être seule le soir, de sortir toute seule, vous vous avez été ma famille durant tout ce temps. Je pensais à mon grand regret que je t'avais perdu à tout jamais. Le manque était trop grand pour que je prenne de vos nouvelles, la rupture trop difficile. Je ne pensais pas que tout allait être aussi dur. Mais aujourd'hui je suis sure d'une chose, c'est qu'on est et qu'on sera des sister name pour la vie. Je suis certaine que l'on sera amené à se revoir, mais je suis désolée d'être lâche, mais pour le moment je n'ai pas encore la force et le courage de revenir, car votre absence m'est encore insupportable au quotidien. Je vous aimais, je vous aimerais toujours.
Je t'ai aimé, je t'aimerais toujours ma sister name, je ne te remercierai jamais assez pour tout ce que tu as fait durant toutes ces années pour moi... Si tu savais à quel point vous me manquez, sans vous la vie ce n'est plus la vie, sa reste juste de la survie.