Pour moi la dépression c'est sa...

Voilà ce que je dirais si je devais décrire ma maladie, afin que l'on puisse mieux me comprendre.

Elle vient sans prévenir, elle nous tient et se refuse de partir comme sa,
Elle nous prend tout, mais nous apporte aussi beaucoup,
Cette maladie est paradoxale, elle pousse tout à l'extrême,
Je ne suis jamais un peu fatiguée, mais toujours morte de fatigue,
Ce n'est pas que je n'arrive pas à me lever, c'est que je lutte pour pouvoir commencer ma journée.
Je n'ai pas pas assez dormi, j'ai juste trainée des heures avant de m'endormir,
Je ne suis pas quelque fois triste, car cette humeur me suit toute l'année.
Ce n'est pas que je n'ai pas envie de sortir, mais pour cela encore il faut se battre.
On se bat pour vivre, se lever, se déplacer, sourire, cesser de pleurer.
Pour la société cette maladie est encore trop mal connue,
Ce n'est pas une maladie des faibles, au contraire, il en faut de la force pour faire face à chaque instant.
Chaque souffle, chaque jour, chaque rire est une réussite.
Pour vous cela peut paraitre absurde, ou totalement exagéré, mais pourtant ce n'est que la vérité
Vous qui n'êtes pas en dépression, vous n'arrivez pas à vous imaginer ce que c'est ne serait-ce qu'un instant
Mais moi j'y crois, je sais que je m'en sortirais,
J'espère toujours et je ne cèderais pas, la maladie ne m'aura pas,
Car je refuse une chose: la FATALITE !


BON COURAGE A VOUS TOUS QUI VOUS BATTEZ AU QUOTIDIEN

# Posté le samedi 23 février 2008 18:55

Et l'éternel recommencement...

Et l'éternel recommencement...
Allez, on repart main dans la main vers d'autres lendemains. Penses au présent et plus au passé, même si c'est dur de se dire qu'il faut tout recommencer. On y arrivera, je le sais, j'en suis sûr, la dépression tu la vaincras, avec ou sans moi. En tout cas je ne te laisserais pas tant que tu accepteras que je sois à tes côtés pour mener ce combat. Je serais la main tendue qui n'attend rien en retour, je serais l'oreille qui écoute sans jamais prendre part, je serais l'oeil qui te regarde sans jamais te juger, je serais ton sourire lorsque tu perdras le tien, je serais le coeur qui battra quand le tien devient trop lourd, je serais l'espoir dans les jours d'orage. Tout cela tu le sais déjà, on en a déjà parlé, et ne t'inquiètes pas, si j'ai décidée d'être auprès de toi, ce n'est pas pour te le reprocher le jour où sa n'ira pas, ce jour là, je te l'ais dit je prendrais mon chemin et toi le tiens. Courage, même si tu recommences tout à zéro, c'est peut-être mieux comme sa que de garder de mauvaises bases sur lesquelles on ne peut rien bâtir car on c'est qu'on est toujours au bord du fossé. Je t'aime ma titite, mon petit ange à moi...
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# Posté le samedi 23 février 2008 18:30

Il y a des jours comme sa...

Pas de mots, ou plutôt plus de mots, je suis vide. Vide d'émotions, vide de sensations. Je me suis attachée à toi, mais encore une fois la dépression est passée par là. Trop tard, le mal est fait, tu as refais une T.S. Pourquoi? Pas toi? Je ne veux pas y croire, toi en qui je fondais tous mes espoirs. Mais qu'importe, j'espère que tu ne vas pas baisser les bras, que tu vas recommencer à te battre. Tu y arriveras mon petit ange, je le sais, ne t'inquiètes pas je serais toujours là à tes côtés pour t'épauler. Je sècherais tes larmes, je partagerais à nouveau tes peines et tes joies. Trop de personnes sont déjà parties dans l'autre monde, trop de personnes m'ont déjà été arrachées, alors pas toi, tu n'as pas le droit. Je sais que les jours sont longs, que la souffrance est grande, que le quotidien est dur, mais on y arrivera ensembles ma puce. Que deviendrait ces heures de groupes de parole sans toi ? Que deviendrait la petite sauvageonne sans toi ??? Rien, la réponse est courte est simple. Encore une fois je ne peux que constater que la maladie aura gagnée à moitié, et heureusement qu'à moitié. Rétablis-toi bien, reprends-toi en main et ne change rien à ta personnalité. J'espère que tu ne vas pas culpabiliser, tous le monde connait des ratés alors ce n'est pas besoin d'en rajouter.
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# Posté le jeudi 21 février 2008 18:43

Petites infos sur la dépression et sa prise en charge

La dépression est une maladie et dont le traitement est soumis à plusieurs handicaps.

# La honte. Autrefois c'était la Tuberculose, de nos jours c'est la Dépression.
Chaque époque a sa maladie honteuse.

# La Faiblesse. Etre déprimé c'est avoir le sentiment d'être un faible donc un minable (cf honte).
Son corollaire est "je vais m'en sortir tout seul, par la volonté ".
C'est faux ! La guérison d'une dépression n'est jamais " liée à la volonté".
Elle peut guérir " spontanément " si les circonstances qui l'ont déclanchée se corrigent ou simplement s'estompent avec le temps mais la volonté n'y est pour rien.
Il existe des pans essentiels de notre Moi qui sont indépendants de notre volonté.
Voyez la sexualité, on ne bande pas à volonté mais par un phénomène régit par l'érotisme, le désir ou l'amour. Et ce qui est érotique pour moi ne l'est peut être pas pour vous.
La volonté viendra plus tard.

# La Culpabilité vient ensuite compléter le tableau.
Je suis faible, je n'arrive pas à m'en sortir par la volonté et je culpabilise.
Logique ! Comme en mathématique, à partir d'un postulat même faux on peut construite un univers parfaitement cohérent et logique. C'est pas pour ça qu'il est vrai.

# L'isolement
Que le sentiment d'isolement soit purement psychique (personne ne me comprend) ou qu'il soit aggravé par un isolement physique (pas de famille, d'ami, de conjoint, etc..) il fait très souvent parti de la dépression.
Par honte, par culpabilité le sujet dépressif n'a pas la capacité à aller vers les autres et refuse généralement les contacts (repli sur soi-même) et le traitement
Rompre l'isolement, c'est faire le premier pas.

# L'incompréhension. L'entourage ne comprend pas, même avec la meilleure volonté (encore !) du monde.
Il peut également apparaître un phénomène inconscient de rejet parmi les proches. C'est pas facile pour eux non plus. Peut-être culpabilisent-ils eux aussi !!!
S'il ne l'a pas connu, personne ne peut imaginer ce trou sombre aux parois lisses dans lequel le dépressif est plongé.
" Fait un effort, reprend toi, il y des bien plus malheureux que toi, etc... ". Les conseils fusent, accroissent la culpabilité et la lumière diminue encore et encore et encore...

# La désinformation. De la " pilule du bonheur (chère aux journaleux) aux conseils " du fils de la concierge dont la petite amie travaille à l'hôpital " ( référence oblige ) qui conseille le traitement XX plutôt que YY. Tout le monde donne son avis d'expert.
Politique et Médecine sont les deux mamelles des fins de repas plus ou moins avinées.

# Maladie globale. Quand on a une hépatite on peut supposer que les reins vont bien et inversement.
Dans la dépression rien ne va ! la digestion, la libido, l'appétit, le sommeil, la mémoire, le coeur, la thyroïde, etc... Tout déconne.
Bien sur les troubles sont fonctionnels ( pas imaginaires mais fonctionnels càd mauvais fonctionnement bien réel comme un moteur en bon état qui cafouille parce mal réglé...) et la somatisation est une des grandes expressions de la dépression
C'est aussi, souvent, un moyen de se cacher la vérité de la dépression.
En Afrique, exemple, cette dépression pourra être "expliquée " par un sort. Globalement, c'est pas bête du tout : pas de culpabilisation puisque la source du problème est extérieure....

# Le suicide. A noter que s'il est réussi, c'est l'handicap majeur pour le thérapeute
Dans la dépression, l'apparition de pensées ou d'envies suicidaires sont fréquentes, habituelles et normales.
La folie ne vous guette pas ! Probablement, dans la même situation mon sentiment serait le même.
A un instant précis, le suicide semble être LA solution idéale voire la seule solution possible.
Le problème est que le suicide est la solution " sans futur c'est à dire définitive, sans possibilité de retour et prise à un instant précis pour une situation généralement provisoire.
Du fait de la maladie, alors que la moindre décision est un calvaire, celle de mourir peut envahir l'esprit.
Je sais, c'est facile pour moi, tranquillement à mon bureau, d'écrire que ce n'est pas la bonne solution. La souffrance des autres reste lointaine et théorique. Pourtant, ce n'est pas LA SOLUTION.
Ce n'est pas non plus de la lâcheté ni du courage. Ce serait plutôt un leurre, un piège, un mythe, un artefact, bref un quelque chose directement produit par la maladie.
Comme la grippe donne la fièvre, la dépression engendre le risque suicidaire. En traitant l'un, on corrige l'autre
Voir également : Suicide

Les possibilités de traitement

# Les médicaments. les drogues, les pilules du bonheur, etc...
Voir faiblesse : prendre un traitement c'est reconnaître être un faible...
On se trompe de cible.
La dépression crée un handicap majeur à gérer une crise ( comme 40°C de fièvre pour passer un examen).
Le but du traitement c'est pas de passer l'examen, c'est de récupérer ses capacités habituelles à gérer une crise
Le traitement ne résoud pas le problème mais essaye d'éliminer le handicap psychologique que représente la dépression.

# Psychothérapie : au début était le verbe et depuis les emmerdements
Une psychothérapie de soutien est toujours nécessaire. L'écoute, l'empathie et le verbe
Un divorce, un décès peuvent déclancher une dépression. Il faut la traiter.
Ne "psychiatrisons" pas tous les problèmes mais à l'inverse, ne les négligeons pas.

# Les psychiatres : comment peut-on être psy ?
Faute avouée.... je suis de mauvaise foi mais j'ai connu suffisament d'expériences " douteuses " pour ne pas être objectif.
Voir à ce sujet : Dépression et Psychiatres
Voir également :Dépression : Ras le Bol Dépression et douleur, même combat
Voir également : Dépression: je suis Con

# CONTACTS
---- Je rappelle à mes amis psychiatres qu'ils ont ICI droit de réponse.
---- Je souligne que vous, patients vous avez également la parole ICI



LES 12 COMMANDEMENTS DE LA PRISE EN CHARGE
Dr Victor S. Lille

La prise en charge d'un patient déprimé répond à des objectifs et à des règles précises qui en font une vraie démarche psychothérapeutique médicalisée. Cette démarche repose sur un certain nombre de principes que deux psychiatres, L. Waintraub et F. Rouillon, ont regroupé au sein d'une charte de la relation au déprimé dont voici le résumé.

* 1. Adopter vis-à-vis du malade une attitude empathique et chaleureuse (ni neutralité ni implication émotionnelle excessives).
* 2. Rassurer le patient sur le caractère pathologique mais curable de son trouble lorsque le diagnostic de dépression a été porté.
* 3. Etablir une véritable relation thérapeutique, définir clairement les rôles du patient comme du thérapeute, sans perdre le caractère interactif du dialogue.
* 4. Déculpabiliser rapidement le patient en s'appuyant notamment sur des explications médicales concernant la dépression.
* 5. Considérer les plaintes du patient comme des symptômes pathologiques témoins du trouble dépressif et non d'emblée comme des signes à interpréter dans une optique psychodynamique.
* 6. Expliquer au patient sa maladie et l'expression qu'elle peut avoir, son évolution et les principes, les avantages et les contraintes possibles de son traitement.
* 7. Réfuter de manière convaincue les " rationalisations " morbides liées à la maladie : inéluctabilité de la solitude, du vieillissement, etc.
* 8. Evaluer la gravité de la dépression et le risque suicidaire. Savoir envisager l'utilité et/ou l'urgence d'une hospitalisation.
* 9. Impliquer l'entourage dans le déroulement des soins en l'informant. Savoir faire la part, pour expliquer des conflits, entre ce qui est secondaire à la dépression et ce qui lui est antérieur.
* 10. Savoir laisser le patient s'exprimer " largement " dans un objectif de compréhension du sujet et de son histoire et dans un but de soulagement immédiat de sa souffrance psychique.
* 11. Apprécier l'évolution ultérieure par des consultations hebdomadaires puis mensuelles et aider, voire inciter, progressivement le patient à reprendre ses activités dès que possible.
* 12. Informer le sujet sur le fait que le traitement médicamenteux est la base indispensable de la thérapeutique dans un premier temps, mais savoir juger de l'opportunité, dans un second temps, d'entreprendre un traitement psychothérapeutique.
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# Posté le mercredi 20 février 2008 19:02

Mais...

Mais...
Aujourd'hui j'accepte l'état dans lequel je suis, j'accepte les reproche que l'on peut me faire, j'accepte de me faire aider, je ne vis pas la maladie comme une fatalité ni comme un échec. Même si beaucoup de problèmes sont à reprendre, même si il y a des jours où se battre est éprouvant et épuisant autant moralement que physiquement, je ne lâche pas. C'est sûr qu'il n'est pas toujours facile de positiver, d'aller de l'avant. J'ai toujours l'impression de devoir tout recommencer, de reprendre à chaque fois le même combat, mais qu'importe si c'est pour voir le mot GUERISON apparaitre au bout du chemin. Je serais prête à tout pour en venir à bout. Une chose est sûr, cette maladie m'aura appris beaucoup sur moi mais aussi sur le monde qui m'entoure. Il faut savoir retirer les points positifs des expériences,même si celles-ci nous apportent de la souffrance. On apprend à vivre avec la maladie, et c'est seulement à cette condition qu'il est possible d'avancer. Il ne faut pas croire que c'est facile tous les jours, des amis on en perd, d'autres ne comprennent pas pourquoi on ne s'en est pas encore sortis. Et bien tant pis, il faut relativiser et faire avec, même si ce n'est pas toujours évident, et si sa rajoute bien souvent de la souffrance. Aujourd'hui j'ai compris que je ne dois plus culpabiliser à chaque fois, sinon je ne m'en sortirais jamais. Déjà le fait de considérer la dépression comme une maladie et non comme une faiblesse fait qu'on doit cesser de culpabiliser car une maladie on ne la cherche pas, on ne l' a provoque pas, mais on la vit et on l'a subit au quotidien. Car pensez-bien que si vous demandez à une personne si elle aimerait pas être comme "tout le monde" et ne pas être dépressive, la maladie n'existerait plus depuis longtemps.



# Posté le lundi 11 février 2008 19:22

Modifié le mercredi 20 février 2008 18:58